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La statue de la Liberté : histoire, symboles et détails méconnus

La statue de la Liberté : histoire, symboles et détails méconnus

Le nom complet de l’œuvre est « La Liberté éclairant le monde ». Sur le socle, une plaque porte depuis 1903 les vers d’Emma Lazarus : « Give me your tired, your poor, your huddled masses yearning to breathe free ». Ces mots ont fait autant pour la réputation du monument que sa taille.

Inaugurée en 1886 à l’entrée du port de New York, la statue est un cadeau de la France aux États-Unis. Des générations d’immigrants l’ont aperçue en premier à leur arrivée. Voici son histoire et quelques détails moins connus.

Origines et construction

D’où vient l’idée

Le sculpteur français Frédéric Auguste Bartholdi conçoit le projet en 1865. Il veut un monument pour le centenaire de l’indépendance américaine, en 1876, qui célèbre les valeurs démocratiques communes aux deux pays.

L’opération est bilatérale : la France offre la statue, les États-Unis fournissent le terrain et le piédestal. Le financement du socle repose sur une souscription publique américaine, longue à réunir.

Le chantier

Bartholdi sculpte, mais la structure interne demande un ingénieur. Gustave Eiffel s’en charge et conçoit une charpente de fer qui soutient une peau de cuivre repoussé. Ce montage permet à l’ensemble d’encaisser les vents du port.

L’ensemble culmine à plus de 93 mètres du sol jusqu’à la torche. La statue a été construite par sections en France, démontée, puis expédiée par bateau et remontée sur place, opération qui a demandé une logistique serrée pour que chaque pièce arrive intacte.

L’inauguration

La cérémonie a lieu le 28 octobre 1886, en présence du président américain Grover Cleveland. L’accueil est bon dans l’ensemble, malgré des critiques sur le coût du piédestal. Le monument s’impose vite comme un symbole national, puis international.

Ce que la statue représente

La lecture des symboles

La torche renvoie aux Lumières et au chemin vers la liberté. La couronne à sept branches renvoie aux sept mers et aux sept continents, façon de dire que la liberté ne s’arrête pas aux frontières d’un pays.

Le poème d’Emma Lazarus gravé sur le socle ajoute autre chose : un appel à accueillir ceux que l’on rejette ailleurs.

Le lien avec l’immigration

Entre 1892 et 1954, Ellis Island est le principal point d’entrée des nouveaux arrivants aux États-Unis. Pour des millions de personnes, la statue signalait la fin de la traversée et le début d’autre chose. C’est de là que vient son association durable avec l’immigration.

Un sens qui a bougé

Le monument célébrait au départ l’amitié franco-américaine et la liberté. Il est ensuite devenu le symbole de l’accueil et de l’égalité, puis un emblème repris par les mouvements des droits civiques, par les luttes pour les droits des femmes et par d’autres causes.

Détails moins connus

Le cuivre et sa patine

Le cuivre de la peau s’est oxydé avec le temps et a pris une patine verte. Cette couche protège le métal de la corrosion. Personne ne l’avait vraiment anticipée ; c’est pourtant elle qui donne à la statue sa couleur reconnaissable.

Le projet a failli ne pas voir le jour

L’argent a manqué des deux côtés de l’Atlantique. Bartholdi et ses soutiens ont organisé des souscriptions, des ventes de souvenirs et des événements de charité pour boucler le budget.

Autre question d’échelle : le bras qui tient la torche mesure plus de 12 mètres. Pendant le montage, certains ont douté que ces proportions passent bien dans le paysage.

Restaurations

La restauration la plus lourde date de 1986, pour le centenaire. Elle a repris la structure interne, remplacé la flamme d’origine par une flamme de cuivre recouverte d’or et nettoyé les dépôts accumulés. L’entretien continue aujourd’hui, la corrosion et les embruns ne s’arrêtant pas.

Pour la visite

Liberty Island ne se rejoint qu’en ferry, au départ de Battery Park à Manhattan ou de Liberty State Park dans le New Jersey. Le billet couvre aussi Ellis Island et son musée de l’immigration, à condition de prévoir la demi-journée.

L’accès à la couronne se réserve à part, souvent plusieurs mois à l’avance, et impose de monter 162 marches depuis le sommet du piédestal. Si les billets sont partis, le pont du ferry de Staten Island, gratuit, passe assez près pour une bonne vue de profil.

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